Phobique de la conduite pendant vingt ans, Céline a réussi à surmonter sa terreur du volant sa guérison lui a inspiré un jeu de société pour surmonter ses angoisses.
Article écrit par Céline Chaudeau, paru dans Closer du 7 nov
Elle aurait frémi si on lui avait dit, il y a quelques années, qu’elle vivrait un jour loin de tout. Non pas que Céline Cazé déteste la campagne, bien au contraire ! « C’était tout simplement inenvisageable à cause d’une peur panique qui me figeait en ville. » Pendant près de vingt ans, elle a souffert en silence d’amaxophobie. Traduisez : une peur panique de conduire.
« J’ai passé mon permis à ma majorité, parce que cela semblait normal, se souvient-elle. Mais je n’ai éprouvé aucun plaisir dans cet apprentissage. » De ses leçons de conduite, elle garde surtout le souvenir du stress communicatif du moniteur. « Sous couvert de prévention, il parlait de danger tout le temps. » L’instructeur appuie sans le savoir sur un point sensible. « Un ami de mes parents était devenu paraplégique après un accident de la route. Très vite, la voiture est devenue synonyme de stress. » Une fois son permis en poche, Céline Cazé s’efforce de conduire. Elle achète même une voiture, mais le regrette vite. « C’était comme si toutes mes anxiétés quotidiennes se cristallisaient dans la conduite. » Comme pour enterrer son stress, Céline va peu à peu abandonner sa voiture dans un garage souterrain. « J’ai développé une phobie de la conduite et tout un tas de stratégies d’évitement. Pour les trajets du quotidien, je privilégiais soudain les transports en commun. Pour les voyages plus longs, je laissais mon compagnon conduire. » À force de ne plus conduire, Céline Cazé décide de vendre sa voiture. « Plus le temps passait, plus l’idée de prendre le volant devenait un obstacle infranchissable. » De quoi Céline a-t-elle peur ? « C’est le propre d’une phobie, il y a une part d’irrationnel. J’avais peur du volant, peur de prendre une route que je ne connaissais pas, peur de mourir… »
« Un jour, j’ai compris que je devais affronter cette terreur. » (VOIR PLUS)
Bien qu’elle consulte une psy pendant cette période, Céline ne s’épanche pas sur cette phobie. « On se dit souvent que c’est un peu bête d’avoir peur de conduire, qu’il y a plus grave… » Cette angoisse, handicapante, va pourtant la poursuivre pendant près de vingt ans, jusqu’à un déclic salvateur. « J’ai décidé de me ressaisir, un jour, après m’être retrouvée à prendre trois trains pour aller chez des amis en banlieue parisienne et à poireauter plus d’une heure à la gare parce qu’ils m’avaient oubliée. Ce jour-là, j’ai compris que je devais affronter mes peurs. » Céline décide de racheter une voiture pour sortir de sa phobie, devenue une prison. Pour surmonter son angoisse, elle adopte la stratégie des petits pas. « J’ai commencé par de tout petits trajets autour de chez moi. Puis des distances plus longues et d’autres défis comme emprunter une voie rapide. » Au bout de quelques mois, elle franchit même le challenge ultime : emprunter le rond-point de l’Étoile à Paris.
En se libérant de sa phobie, Céline Cazé goûte à une plénitude retrouvée. « Je me suis autorisée à vivre la vie de mes rêves. » Désormais capable de conduire tous les jours sans stress, elle décide de quitter la région parisienne pour vivre à la campagne. Sa phobie lui a même inspiré une nouvelle vie professionnelle. Pédagogue de formation et passionnée de développement personnel, Céline Cazé a eu l’idée d’un jeu, « Conduire sa vie*, grandir grâce aux autodéfis », déjà vendu à plus de 2500 exemplaires. « L’idée est de s’appuyer sur des panneaux de signalisation routière pour réfléchir à ses émotions et pouvoir surmonter différents obstacles. » Une de ses plus grandes fiertés est de voir des psychologues l’utiliser comme outil d’accompagnement. Et plus rien n’arrêtera Céline, déjà en route pour de nouvelles aventures.







