« J’étais phobique de la voiture » : Une habitante de l’Yonne a transformé sa peur en jeu de société
« Conduire sa vie » est bien plus qu’un simple jeu. Huit ans après sa première version, Céline Cazé, habitante de Saint-Brancher, en édite une nouvelle, qui sera disponible en librairie à partir du 2 octobre 2025.
Par Candice Demay – Publié le 25 septembre 2025
Le jeu de société a déjà touché près de 100.000 joueurs et séduit plus de 2.500 acheteurs avec sa première édition.
Un jeu dans lequel les panneaux routiers aident à mieux se connaître soi-même. C’est le pari original de Conduire sa vie, un jeu de société imaginé par Céline Cazé, habitante depuis deux ans de Saint-Brancher. Ce jeu de cartes détourne l’univers de la signalisation routière pour inviter les joueurs à réfléchir, à partager et à apprendre le code de la route dès le plus jeune âge.
Un jeu trois en un
Le jeu cache une particularité : il réunit trois manières de jouer, pensées pour trois tranches d’âge différentes. Les enfants découvrent les panneaux de circulation sous forme ludique en jouant au célèbre jeu des sept familles grâce aux numéros indiqués en haut à gauche des cartes. Les adolescents, eux, se confrontent à des mises en situation inspirées de la vie quotidienne, où il s’agit de repérer ses priorités et de mieux identifier ses émotions. Enfin, les adultes abordent le jeu sous un angle plus symbolique, où chaque panneau devient une invitation à l’introspection pour apprendre de chaque expérience.
« Moi, ce que j’aime, c’est offrir le terrain de jeu le plus large possible. Et quand je vois ce que ça peut toucher des personnes très différentes, ça me motive. » (Créatrice du jeu)
À l’origine du projet se cache une expérience personnelle. « J’étais phobique de la voiture et de passer le permis de conduire », raconte Céline Cazé. Elle a longtemps évité la conduite. Jusqu’au jour où elle s’est résolue à l’affronter par nécessité. « Il y a quand même un moment où je me suis sentie très limitée par ça. D’avoir pris ce courage-là, de traverser ma propre peur, je me suis dit : si j’ai aussi peur, c’est que derrière, il y a forcément un message », affirme-t-elle.
De cette épreuve est née une idée : et si les panneaux routiers, au-delà de leur usage pratique, cachaient des histoires, des questions ou même des opportunités de rencontre ? « J’ai créé le jeu avec cette vocation symbolique. Derrière un panneau, chacun peut découvrir un sujet de conversation, une anecdote à raconter ou encore un éclaircissement sur un projet », explique-t-elle.

Cette dimension symbolique n’empêche pas le jeu de cartes de garder une vocation pédagogique forte. « C’est aussi pensé pour les enfants. L’apprentissage des panneaux ne sera pas une pensée d’adulte copiée dans leur tête, mais leur propre lien avec le sens des panneaux », insiste-t-elle.
« C’est un accélérateur de contact »
La créatrice revendique également une grande souplesse dans l’utilisation de son jeu. « Ma marque de fabrique, c’est une pensée arborescente. C’est un support qui permet un grand nombre de règles différentes. Je propose même aux personnes de créer leurs propres cartes », précise-t-elle.
Cette flexibilité séduit bien au-delà des foyers. Réflexologues, nutritionnistes ou encore psychologues s’en sont emparés pour en faire un outil d’accompagnement. Ils l’utilisent comme levier pour faciliter la parole ou introduire une dimension ludique dans leurs séances. « C’est un accélérateur de contact », se réjouit la créatrice du jeu.
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